Cette plaquette a été élaborée par l'Association Mémoire traumatique et Victimologie et subventionnée par la Délégation Régionale aux Droits des Femmes d'Ile de France.
Le projet de cette plaquette a vu le jour à la suite d'une étude faite dans les Hauts de Seine sur les conséquences psychotraumatiques des violences auprès de victimes, à leur demande expresse et avec leur participation.
Vous pouvez la télécharger sur la page Documents à télécharger.
Vous pouvez en demander des exemplaires en nous contactant, nous vous présentons ici le texte de l'édition 2009.
Les violences ont de graves conséquences sur votre santé, sur votre intégrité physique et psychique.
Les maltraitances, les violences familiales, conjugales, sexuelles, psychologiques,au travail, NE SONT PAS UNE FATALITÉ, ce sont des infractions que la loi réprime et qu’une société sexiste et inégalitaire rend possibles, contre lesquelles nous pouvons toutes et tous lutter et dont on peut traiter les conséquences sur la santé.
Comme la grande majorité des personnes victimes de violences, vous pouvez vous sentir particulièrement seul(e) et :
Il s’agit de conséquences normales sur la santé mentale de situations anormales (les violences), avec des troubles psychiques spécifiques comme l’état de stress post-traumatique.
Peut-être pensez-vous être «inadapté(e) à la vie», «particulièrement fragile» ou «né(e) comme ça», ce n’est pas le cas : tous ces symptômes et comportements s’expliquent et sont les conséquences habituelles des violences, ils sont liés à des mécanismes de sauvegardes neurobiologiques exceptionnels connus depuis peu, mis en place par le cerveau pour échapper au risque vital que font courir les violences. Ils peuvent être traités par des professionnels de la santé spécialisés, mais sont encore rarement identifiés, dépistés, diagnostiqués et pris en charge.
Une violence insensée et à laquelle on ne peut pas échapper crée un stress extrême et une forte réponse émotionnelle incontrôlable qui entraîne un risque vital cardiovasculaire et neurologique par «survoltage» (comme dans un circuit électrique). Pour arrêter ce risque fonctionnel, le circuit neuronal «disjoncte» automatiquement grâce à la sécrétion de drogues dures sécrétées par le cerveau (endorphines à hautes doses et drogues «kétamine-like»).
Cette déconnexion «éteint» le stress extrême et entraîne une anesthésie psychique et physique, un état dissociatif (conscience altérée, dépersonnalisation, être spectateur de soi-même) et des troubles de la mémoire : des amnésies et surtout une mémoire traumatique émotionnelle des violences, non contrôlable, hypersensible, isolée par la déconnexion et qui n’a pas été intégrée «dans le disque dur du cerveau». C’est une véritable bombe à retardement, prête à «exploser» à l’occasion de toute situation rappelant les violences, en redéclenchant les mêmes scènes, la même terreur, la même détresse, les mêmes sensations, de façon incompréhensible quand on ne connaît pas ce phénomène.
La vie devient alors un terrain miné et pour éviter de déclencher la mémoire traumatique le patient est obligé de mettre en place des conduites d’évitement. Mais quand les conduites d’évitement ne suffisent plus, souvent seules des conduites dissociantes dont on a soi-même fait l’expérience de leur efficacité peuvent calmer l’état de détresse.
Il s’agit de redéclencher la disjonction du circuit émotionnel en augmentant le niveau de stress (par des conduites agressives et/ou auto-agressives, des conduites à risques, dangereuses, des conduites addictives) ce qui va entraîner une anesthésie affective et physique, une dissociation et calmer l’angoisse, mais va recharger et aggraver encore plus la mémoire traumatique et créer une dépendance aux drogues dures sécrétées par le cerveau.
Ces conduites dissociantes qui s’imposent sont paradoxales et déroutantes à la fois pour les personnes victimes de violences et pour les professionnels qui s’en occupent (quand ils n’ont pas été formés pour les reconnaître). Elles sont responsables de sentiments de culpabilité et d’une vulnérabilité accrue face aux agresseurs, lesquels par expérience connaissent bien ces phénomènes dont ils profitent pour assurer leur emprise sur des victimes et les instrumentaliser pour leur confort personnel.
Les violences ont un impact catastrophique sur la santé. Une prise en charge médicale spécialisée et psychothérapique permet de relier les symptômes psychotraumatiques aux violences, d’en comprendre les mécanismes, de les contrôler, et d’y échapper.
En plus des lésions traumatiques directes liées aux violences physiques, les conséquences du stress peuvent être :
Elles peuvent être :
Uniques ou répétées, elles sont :
Les violences sexuelles, les violences familiales et les violences conjugales, en altérant des liens familiaux et intimes, sont celles qui entraînent le plus de troubles psychotraumatiques ; les enfants y sont particulièrement exposés.
Ne pas rester seul(e), se faire aider et surtout EN PARLER : à des proches fiables, à votre médecin, à des professionnels de la santé, du social, du judiciaire, à la police ou la gendarmerie, à des associations spécialisées. De plus en plus de lois et de ressources existent pour lutter contre les violences et les faire cesser.
→Si vous présentez certains des symptômes psychotraumatiques décrits dans la plaquette, consultez votre médecin, une aide spécialisée peut vous être utile et améliorer de façon importante votre santé et votre qualité de vie. Les personnes qui utilisent contre vous la violence peuvent et doivent renoncer à ces comportements, en se faisant aider par des professionnels spécialisés (et auront à répondre de leurs actes devant la loi).
Vous trouverez la liste des consultations spécialisées de psychotraumatologie, prises en charge par la Sécurité Sociale, confidentielles (secret médical) sur les sites ici et sur www.victimo.fr
→Pour des orientations, des conseils juridiques, un soutien, un hébergement, etc. des associations spécialisées existent. Pour connaître celles qui sont près de chez vous, n’hésitez pas à appeler les numéros utiles suivants :